Mardi 24 mai. Le savoir, la chose du monde la mieux partagée… Ou de l’injustice épistémique. Par Salah Mosbah et Faouzia Belhachemi.

« Allez, un peu de confiance en toi ! » lui tend la main l’amie ou l’ami. Mais la méthode Coué y suffira-t-elle ? Pas sûr. Il est des inhibitions impossibles à vaincre. Derrière une prétendue loi de la nature – « y en a qui peuvent, y en a qui ne peuvent pas » –, toute une construction d’obstacles, décrite pour la première fois en tant que telle par la féministe britannique Miranda Fricker : l’injustice épistémique. De quoi s’agit-il ? De la remise en question de la capacité d’un individu de se positionner comme producteur de savoir, purement et simplement. Une engeance qui fait des ravages, des dégâts incalculables, on l’aura bien conçu. Mais encore fallait-il, froidement, méthodiquement, s’y coller, à la chose : faire de ce système d’assignation, d’ostracisation et de ségrégation – de ses ressorts, de ses ruses, de ses masques – un objet d’étude en soi. Mettre à nu le rapport interne qui lie le problème de la connaissance à l’histoire de la société. Car il ne s’agit là pas de moins que de ça, comme on le verra à l’occasion de cette rencontre. À propos de cette cage d’acier invisible, à force d’être grosse comme le nez au milieu de la figure, Salah Mosbah, philosophe, avec cet exposé : Polymorphe injustice épistémique, pour le tableau. Et pour un prolongement, Faouzia Belhachemi, anthropologue, avec son expérience de terrain en Afrique, autour de la coopération Sud-Sud face à l’hégémonie du savoir dominant : La production des savoirs en anthropologie des pratiques musicales dans le cadre de la coopération entre Alger et Tunis.

À 19 heures.

Salah Mosbah

Faouzia Belhachemi