Lecture spectacle, Dialogues d’exilés de Bertolt Brecht avec Hervé Dubourjal et Arnaud Carbonnier.

L’enregistrement

Soirée d’exception le 23 janvier, au Lieu-Dit (Paris XXe). Cette fois, pas une conférence. Ni tout à fait du théâtre, ni tout à fait de la politique, encore que… La lecture-spectacle d’un genre ambigu, le face-à-face dialogué entre deux personnages… Il s’agit des Dialogues d’exilés de Brecht, Bertolt et non Bertold, rappelle d’entrée de jeu Hervé Dubourjal, expliquant ensuite, avec humour, tout le mal qu’on est en droit de penser du grand dramaturge allemand…

Ziffel et Kalle sont dans le buffet de la gare d’une ville européenne, à boire des bières, à échanger des propos politiques et à se lire les textes d’un journal en cours d’écriture.

Des dialogues que Brecht écrit en 1940-1941 en Finlande, puis poursuit aux États-Unis. Ils sont publiés en langue allemande en 1961, traduits en français en 1965, puis plusieurs fois mis en scène.

Ils résonnent étrangement ces dialogues, qui font rire, secouent et dérangent, parce qu’ils se révèlent être des éclats d’une réalité qui traverse le temps et les situations. Ils évoquent ceux dont le droit d’existence dépend de la détention, ou de la privation, d’un passeport. « Le passeport est la partie la plus noble de l’homme. D’ailleurs un passeport ne se fabrique pas aussi simplement qu’un homme. On peut faire un homme n’importe où, le plus étourdiment du monde et sans motif raisonnable. Un passeport, jamais. Aussi reconnaît-on la valeur d’un bon passeport, tandis que la valeur d’un homme, si grande soit elle, n’est pas forcément reconnue. »

Et aussi l’exploitation, des « insignifiants » par les « importants ». Ils dissertent sur la démocratie, et sa négation, et sur le peuple, qui n’est pas le même selon qu’il est observé de l’extérieur ou vécu de l’intérieur…

En bref, une soirée qu’on n’oubliera pas de sitôt.

Un grand merci à Arnaud Carbonnier et à Hervé Dubourjal !

Et aussi à Bertolt Brecht.