Femmes en prison et violences de genre. Résistances à perpétuité. Avec Natacha Chetcuti-Osorovitz

En ces temps de confinement, qui voient la population privée de nombre de libertés, parler de la prison ! Et bien si, et justement, ce jeudi 27 mai 2021, avec la sociologue Natacha Chetcuti-Osorovitz qui, dix-huit mois durant, a enquêté dans une prison. Pas n’importe quelle : une prison pour femmes. Ce sont donc des détenues, condamnées à des peines parfois de très longue durée, aux parcours divers, avec lesquelles elle a partagé un travail d’analyse et de compréhension. Cette soirée en visio a permis de partager à notre tour ces « parcours d’exécution de peine ». Derrière ce dispositif, ces dénominations aux accents de novlangue bureaucratique, des injonctions lourdes imposées aux personnes : se reconnaître coupable, réfléchir à comment on aurait pu agir autrement… Or, et là est la profonde originalité du travail de Natacha Chetcuti-Osorovitz, tout cela qui, à des exceptions près (dont les étrangers), concerne tous les détenus, ne prend pas en compte les différences liées au genre. Donc en toute relativisation, sinon ignorance, du continuum des violences subies, des ruses perverses de la domination, de la division sexuelle du travail, y compris dans la délinquance et les trafics. Depuis les femmes qui, victimes de violences depuis l’enfance, peuvent vivre la prison comme « un lieu à soi maudit », jusqu’aux prisonnières qui se définissent comme des politiques, dans le cas précis des militantes basques, politisées et aguerries, une exploration passionnante d’une réalité doublement ignorée : celle de la prison, et des femmes en détention.

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