les nouvelles parentalités, la Procréation médicalement assistée (PMA) et la Gestation Pour Autrui (GPA). Avec Marie- Josèphe Devillers et Jocelyne Fildard

L’enregistrement

Un vif débat a suivi les présentations de Jocelyne Fildard sur la PMA et celle de  Marie-Josèphe sur la GPA. Jocelyne, après avoir expliqué ce qu’était la PMA du point de vue scientifique, s’est attachée à déconstruire l’idée de maternité assignée aux femmes, au-delà de la revendication égalitaire.
Quant à Marie-Josèphe, elle a montré quels étaient les enjeux éthiques, mais aussi financiers qui étaient à l’œuvre derrière ce désir d’enfant à tout prix exprimé dans la GPA, où riches et pauvres ne sont pas du tout à la même place.

« L’économie numérique : un cimetière pour l’emploi ? », avec Michel Husson.

 

Public assez renouvelé en ce mercredi 7 mars, très attentif et débat rebondissant pour la soirée présentée par Michel Husson sur la numérisation et ses conséquences sur l’emploi et, au-delà, le travail, ses conditions et sa mise en œuvre.

L’enregistrement

Engagement remarquablement tenu de traiter sérieusement un sujet qui pourrait apparaître difficile mais qui est cependant l’une des questions majeures de la société capitaliste développée de notre temps. Partant du paradoxe apparent d’un essor du taux de profit à l’ère de la mondialisation financiarisée (depuis le début des années quatre-vingt) en même temps qu’une stagnation de la productivité voire d’un effritement de ses gains, Michel Husson brosse un tableau des contradictions à l’œuvre dans le fonctionnement du système – alors même qu’il donne l’impression d’être en passe de sortir de son dernier épisode de crise. Mais d’autres fortes secousses sont sans doute à venir : il faudra en reparler bientôt avec Michel Husson.

 

Michel Husson est un statisticien et économiste  travaillant à l’Institut de recherches économiques et sociales, connu pour ses travaux sur la politique de l’emploi. Il est aussi membre du conseil scientifique d’Attac et de la Fondation Copernic.

 

 

« Che Guevara, revisiter l’histoire sans la réécrire », avec Jeanette Habel

Le mercredi 14 février, au Lieu-dit, soirée Che Guevara, avec Janette Habel.

L’enregistrement

Le Che a été assassiné en Bolivie il y a cinquante ans. Il avait 39 ans.

Sur bien des continents, il reste une des rares figures positives parmi les dirigeants révolutionnaires du XXème siècle. Est-ce pour cela qu’à Paris cet anniversaire fut prétexte à un déchaînement de grossières calomnies à son égard ? Au-delà de lui étaient visés la révolution cubaine et tout ce qui a trait au communisme.

Certes, le Che a joué un rôle décisif dans la révolution cubaine. Janette Habel souligne combien celle-ci fut une « anomalie géostratégique » : prendre le pouvoir par la lutte armée, dans une île pauvre, située à 200 kilomètres des côtés de l’empire américain, et vouloir y construire le socialisme !

Guérillero, puis ministre, le Che fut donc une figure centrale de cette expérience cubaine. Mais il est difficile de lui imputer la responsabilité de la trajectoire ultérieure de cette dernière.

Janette Habel a développé les thématiques lui paraissant importantes lorsqu’on opère un retour sur l’histoire de cette révolution, en se gardant de la réécrire.

D’abord la question de la lutte armée pour conquérir le pouvoir. La stratégie du foco n’a pas été théorisée par le Che comme un modèle reproductible partout. Les échecs subis en Amérique latine ne peuvent donc pas s’expliquer en fonction d’une prétendue erreur sur ce point. D’autant que les autres stratégies – « changer le monde sans prendre le pouvoir », les voies parlementaires et électorales pour changer la société…-, n’ont pas démontré leur caractère alternatif et tendent à conduire elles aussi à des impasses. Ensuite la question difficile de la démocratie possible dans une situation révolutionnaire et d’état de guerre avec l’impérialisme. Les dérives répressives d’un pouvoir qui rapidement a pris des formes autoritaires sont incontestables. Reste à les restituer dans ce contexte et à comprendre les obstacles auxquels se heurtaient cette révolution et les limites de ceux qui l’ont dirigée.

Le troisième thème, sur lequel le Che a apporté beaucoup, est celui de la transition. En tant que ministre de l’industrie, le Che a organisé des débats, avec Bettelheim et Ernest Mandel, afin de mener une réflexion collective sur ces questions difficiles. La critique de l’URSS y était centrale, et fut explicite dans le discours d’Alger. Et c’est sur les défis de la diversification économique et de l’industrialisation que le Che (et Cuba!) devait connaître un échec.

Ecarté du pouvoir et de Cuba sous pression soviétique, le Che s’engageait au Congo, puis dans l’aventure bolivienne. Isolé, il allait tomber sous les coups des assassins. Son appel à « créer un, deux, trois Vietnam » allait résonner puissamment dans ce siècle, mais sans lui permettre d’échapper à une mort solitaire et tragique…

 

Un riche échange a suivi l’exposé de Janetet Habel, confirmant que le Che n’est pas seulement une icône romantique, encore moins un personnage démoniaque comme le prétend la réaction, mais un combattant révolutionnaire et un penseur de l’émancipation.

 

 Janette Habel, membre du conseil scientifique d’Attac, maître de conférences, chercheur à l’Institut des hautes études d’Amérique latine, spécialiste de Cuba.