« Quand la camisole de force craque de toute part… ». Avec Keith Reader et Isabelle Richet.

Les enregistrements

La conférence

Le débat

 

keith readerKeith Reader, professeur de French Studies à l’université de Glasgow

 

 

richetIsabelle Richet, professeur d’études américaines à Université Paris Diderot (spécialisée sur l’étude des mouvements sociaux).

 

Nous nous sommes habitués à être attentifs aux grands mouvements politiques et sociaux qui agitent la Grèce, l’Espagne, le Portugal… Mais se passe-t-il quelque chose en Grande Bretagne, terre d’élection du thatchérisme et du blairisme, qui ont assuré pour l’un et accompagné pour l’autre le triomphe de l’ultralibéralisme ? Se passe-t-il quelque chose aux États-Unis, cette grande démocratie verrouillée par la machinerie bipartiste entre les partis Républicain et Démocrate, laquelle paraît rendre inébranlable le pouvoir de ce que mouvement Occupy Wall Street a dénoncé comme une oligarchie ?
Oui, il se passe quelque chose ! L’élection de Jeremy Corbyn à la tête du Labour. Ce qui fait de ce responsable politique intègre, qui s’est toujours tenu éloigné des sortilèges de la « communication », champion du refus des excès du néolibéralisme, le leader de l’opposition parlementaire britannique.
Aux États-Unis, pour la nomination du représentant du Parti démocrate à la prochaine élection présidentielle, c’est l’incroyable écho de la campagne du sénateur du Vermont, Bernie Sanders. Lui, qui a l’audace de se dire socialiste, le voici qui bouscule Hilary Clinton, témoignant que Occupy Wall Street a exprimé un profond mouvement de fond de la société américaine, de refus des inégalités et d’aspiration à un vrai changement.
Voilà qui mérite, sans cultiver aucune illusion lyrique, de s’informer et d’analyser.
La soirée du 12 novembre à laquelle la Société Louise Michel avait invité Keith A. Reader et Isabelle Richet a répondu à cette exigence.
Les deux conférenciers ont proposé des explications riches et précises permettant de mieux comprendre ce qui travaille dans ces deux sociétés et ce qui est en jeu. Certes, les limites sont évidentes, dans l’un et l’autre cas, mais leur portée ne saurait en être sous-estimée. Faut-il y lire les signes qu’existe dans des sociétés très différentes, mais toutes confrontées aux effets impitoyables du capitalisme contemporain, une même lame de fond annonciatrice de possibles contestations d’ampleur ?
Le débat, fort riche, a soulevé la question et celle épineuse de la nécessaire articulation à construire entre mobilisations sociales et construction politique, y compris au plan institutionnel.
Une soirée de réflexion qui permit de faire entrer dans le champ de notre réflexion critique ces deux réalités américaine et britannique dont on est souvent tenté de relativiser l’intérêt. Heureuse surprise !