Covid-19, capitalisme mondialisé : destructions sociales et environnementales, avec Maxime Combes et Jean-Baptiste Fressoz

Entre effroi devant la pandémie et consternation devant les destructions de la nature sous toutes les latitudes, la société humaine frappée d’un collapsus. C’est sous ces auspices que se tiendrait cette réunion du mercredi 31 mars 2021, dont on découvrira la vidéo ci-après, où Claude Calame présenterait nos invités, puis animerait le débat qui ferait suite à leur intervention. Engager la transition écologique ! Bon sang, mais c’est bien sûr ! Transition énergétique ? Plus facile à dire qu’à faire, nous expliquera Jean-Baptiste Fressoz. Car d’abord, transition, qu’est-ce ? Au cours de l’histoire de l’humanité, celle-ci n’a-t-elle pas changé de ressources énergétiques ? L’eau, puis le charbon, ensuite le pétrole, donc demain les énergies renouvelables… Sauf que,  précisément,  ce n’est pas un problème  de solutions techniques disponibles, une nouvelle remplaçant la précédente. L’histoire et l’économie montrent l’inverse : non la substitution mais l’accumulation. Ainsi le recours au pétrole s’est-il accompagné d’une utilisation massive du bois et du charbon. Donc, pas d’illusion quant à la possibilité de changer la base matérielle de la société en laissant celle-ci en l’état. Quant à Maxime Combes, il aura fait litière de cette autre illusion, selon laquelle l’année Covid serait l’année zéro du « monde d’après ». Ouvrir des pistes de changement ? C’est possible, car la conscience de leur nécessité est aujourd’hui majoritaire dans l’opinion, mais en s’interdisant de céder aux simplifications. Geler des ressources existantes pour « décarboner » l’économie, c’est s’attaquer à la financiarisation du capitalisme. Changer les modes de production et de consommation, c’est contester les règles du commerce international et s’attaquer à de très puissants centres de pouvoir. Autant de défis,  dont sans doute celui de repenser l’anticapitalisme. Des exposés passionnants et des échanges au terme desquels quelques évidences faciles ont laissé place à des interrogations stimulantes.

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