« Quoi de nouveau ?
– La Résistance. »
Avec Gilles Perrault

Gilles P

LES ENREGISTREMENTS

La conférence

Le débat

 Nul n’est obligé d’apprécier les dictionnaires ni, à propos du sien, d’applaudir à « l’amateurisme du dictionnariste », nous dit malicieusement Gilles Perrault, ajoutant s’être soumis avec plaisir à cet ordre alphabétique le dispensant de toute astreinte chronologique. Au fond n’avoir eu pour ce livre d’histoire à obéir à quelque ordre que ce soit. Le 13 mai, dans le style, on l’aura vu aggraver son cas. Invité par la Société Louise Michel à l’occasion de la sortie de son Dictionnaire amoureux de la Résistance, l’auteur ne voulait pour rien au monde d’une docte conférence. Ainsi ce fut une conversation, avec Philippe Binet dans le rôle du questionneur, sur le mode « Dites-nous, Monsieur Perrault…», Angelo Rinaldi prêt le moment voulu à décocher, Julien Gaillard avec des extraits, autant de précieux éclats littéraires. Sans y paraître, l’affaire avait été soigneusement préparée, afin qu’on ait le plus possible à profiter des talents de conteur de Gilles Perrault. Deux heures durant il aura soutenu l’attention de l’auditoire, l’emportant dans un tournoiement de réflexions sur «le chapitre le plus romanesque de notre roman national», la Résistance, et sur le sens profond, hier et aujourd’hui, de ce mot : « Résister ».

« Entrer en résistance, c’est s’autodésigner à la torture et à la mort ». Mais c’est aussi, on n’ose y croire, des moments de grand bonheur. Jacques Bingen, avant d’avaler sa pilule de cyanure, évoquera une « paradisiaque période d’enfer »…Dictionnaira amoureux

Une belle soirée que la Société Louise Michel a mise sur pied pour le cinquième anniversaire de sa création, pleine de charme et de vigueur, évoquant quelques facettes de cette histoire qu’il est hors de question d’oublier. Et que Gilles Perrault nous invite à relire, pour en approfondir la connaissance, en tirer des élans toujours répétés…

Peu importe l’entrée par laquelle on s’engage, puisque c’est en cela que les dictionnaires, habituellement austères, ne vont pas sans une certaine poésie. Poésie aussi, déconcertante, de ces messages codés que notre mémoire collective ne saurait dissocier de cette période héroïque. Julien Gaillard, en début de soirée, en a rappelé quelques-uns. « « L’hippopotame n’aime pas le vermicelle ». « Melpomène se parfume à l’héliotrope ».

Et, bien sûr, les « sanglots longs des violons de l’automne »… Mais même là, une pépite est cachée, que nous révèle Gilles Perrault, qui décidément paraît ne rien ignorer de cette tumultueuse histoire résistante. Donc, invitation à lire… Et à résister.