La débâcle annoncée du Parti socialiste. Avec Laurent Mauduit.

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Les enregistrements

La conférence

Le débat

 

Laurent Mauduit, cofondateur de Mediapart, était le 3 mars, au Lieu-dit, l’invité de la Société Louise Michel. Son dernier livre A tous ceux qui ne se résignent pas à la débâcle qui vient, fait suite et actualise celui publié en 2013 intitulé L’Etrange Capitulation.

Capitulation, débâcle… Il s’agit, bien sûr, de ce dont sont responsables François Hollande, le gouvernement de Manuel Valls et la direction du Parti socialiste, de ce à quoi ils conduisent toute la gauche, et peut-être le pays…

S’ils se sont livrés à un hold-up démocratique par rapport aux engagements qu’ils livre de mauduitavaient pris et qui ont permis leur élection (l’inoubliable discours du Bourget, avec la guerre déclarée à la finance…),  Laurent Mauduit insiste surtout sur ce qui fait la spécificité de la situation actuelle au regard des expériences précédentes de gouvernements socialistes. Il récuse l’idée d’un tournant social libéral, puisqu’il n’y pas eu véritablement de tournant, tout s’étant immédiatement engagé, et que mieux vaut parler de néolibéralisme plutôt que de social libéralisme.

Le vocabulaire dont use Laurent Mauduit renvoie à l’étrange défaite analysée par le grand historien Marc Bloch à propos de la débâcle de 1940, et de méditer la formule de ce dernier qui résonne fort aujourd’hui encore : « Le pis est que nos adversaires n’y furent pas pour grand chose ».

C’est bien en effet du côté de cette gauche sociale-démocrate, qui peut être arrivée au point de clore l’histoire du réformisme en France, qu’il faut chercher à analyser ce qui se joue, le pourquoi de la dégradation en cours. Pour prendre en compte sa compréhension de ce qu’est le capitalisme actuel, brutal et tyrannique, la consanguinité croissante entre les élites qui dirigent les grandes entreprises, les médias d’influence, l’État et… le Parti socialiste. Et aussi regarder de près ce qu’est ce groupe qui a opéré une mainmise sur les leviers du pouvoir, autour de Valls, Le Guen, Cambadélis… À propos desquels Laurent Mauduit, qui les connaît fort bien, évoque le « naufrage d’une génération ».

L’interrogation angoissante ne tarde pas : est-il encore temps pour faire bouger les lignes ? Les possibilités existent-elles d’un grand sursaut démocratique ?

La discussion est ouverte. Elle fut animée. Laurent Mauduit faisant montre de ses qualités d’écoute, avant d’apporter en conclusion de nouveaux éléments pour une réflexion qui, à l’évidence, demande à être poursuivie…