Grèce: quelles réalités? Quels espoirs?. Avec Roxane Mitralias.

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La conférence

Le débat

 

Une phrase forte de Roxane Mitralias a donné un aperçu particulier sur la situation grecque : ce pays dont l’espérance de vie a chuté de 5 ans en quelques années de « redressement » (caractéristique d’un pays en guerre), est en situation de guerre contre les institutions européennes et le FMI, a-t-elle expliqué. Et cette situation, à elle seule, justifie que le gouvernement fasse appel pour obtenir une majorité parlementaire à un parti souverainiste de droite en l’absence d’un rapprochement possible avec le parti communiste grec qui campe sur ses positions sectaires ! On mesure bien, à l’aune de cette affirmation combien la situation sociale du peuple grec est plus que critique.

On comprend mieux aussi que le gouvernement ait fait moult concessions aux institutions européennes qui entendaient bien faire payer au peuple grec son audace de se rebeller contre une austérité innommable mais jugée nécessaire par ces institutions. Face à la perspective d’une banqueroute, le gouvernement a cherché à gagner du temps (quatre mois au lieu des six qu’il espérait) avec une disposition draconienne : garder un équilibre budgétaire quelles que soient les réformes sociales envisagées. Alors certes, les mobilisations organisées par Syrisa pour soutenir le gouvernement et l’encourager à ne pas faire un pas en arrière sont déterminantes pour ces quatre prochains mois, mais elles sont de peu de poids face à l’intransigeance des institutions européennes et internationales si celles-ci ne subissent pas la pression d’une mobilisation européenne de soutien au peuple grecque. Car une banqueroute serait redoutable pour le niveau de vie en Grèce avec une conclusion inévitable de sortie de l’Euro, de dévaluation et d’impossibilité d’emprunter sur le marché financier.

Et cette question du soutien international a fait l’objet d’un débat qui, s’il n’a pas résolu la question, a néanmoins avancé des pistes qui allaient d’un optimisme mesuré dans la prise de conscience du phénomène grec (le puissant syndicat allemand de la métallurgie a déclaré dernièrement un soutien actif au gouvernement grec), à une nécessité pour affirmer un soutien internationaliste, de rassembler tous les peuples européens dans une remise en cause de la dette qui asphyxie les politiques sociales de tous les pays européens.

En conclusion un large accord s’est dessiné pour soutenir le peuple grec, sans s’interdire telle ou telle critique sur des décisions gouvernementales qui pourront apparaître comme trop consensuelles par rapport aux exigences des bailleurs de fonds, comme ne se privent pas de le faire différents courants de Syrisa mais qui restent néanmoins fermement unis sur le programme initial du mouvement.

 

Roxane Mitralias est militante de Syriza-Paris et du Comité pour l’annulation de la dette du Tiers-monde (CADTM).