Mardi 26 janvier. Retour au PCF. Par Anne Jollet et Claude Pennetier.

Il se tint donc en Indre-et Loire, du 25 au 30 décembre 1920, dans la salle du Manège, celui qui restera comme le Congrès de Tours. Et le PCF, né là, on va y revenir donc bientôt, sous deux aspects particuliers que nos invités ici nous présentent.

Pour une histoire sociale du communisme en France. Le 100e anniversaire du congrès de Tours offre l’occasion de s’interroger, au-delà de l’événement, sur les origines du communisme en France et sur ses mutations successives, ses grandeurs, ses failles, ses échecs et son déclin. Puisant ses racines dans le syndicalisme ouvrier révolutionnaire, dont il s’éloigne vite, il reconstruit par la  bolchevisation puis la stalinisation un encadrement de plus en plus prolétarien. Des recherches nouvelles permettent d’expliquer les mécanismes de l’adoption d’un système de gestion du militantisme inspiré du modèle soviétique tout en s’inspirant des traditions populaires révolutionnaires françaises. Un nouveau regard est possible au-delà d’une histoire identitaire ou d’une histoire disqualifiante : une histoire sociale à laquelle le communisme a droit. (Claude Pennetier).

Le communisme, un espoir pour les femmes ; les femmes, une épreuve pour le communisme ? Le communisme est un projet émancipateur basé sur la mise en forme sociale de l’égalité naturelle proclamée solennellement par les déclarations des droits de l’homme de la fin du XVIIIe siècle. Ce projet est travaillé par la question de l’égalité entre les sexes. On sait que la place de la conquête de cette égalité dans les luttes a donné lieu à de vifs débats. En dépit des rappels vigoureux des principes et des transformations importantes apportées à la vie des femmes par les mouvements communistes, les partis communistes, au pouvoir ou non, ont souvent hésité quant à la place à faire aux luttes spécifiques des femmes, sans parler de revendications à même de choquer, parfois, l’opinion publique et une partie des militantes et des militants. (Anne Jollet).