Aube dorée

C’était à la Bourse du Travail de Paris. Venu d’Athènes, le journaliste Dimitris Psarras présentait Aube dorée, le livre noir du parti nazi grec, enfin accessible au public francophone. L’édition de cet ouvrage, publié par M. éditeur (Québec) et Syllepse (Paris) dans leur collection commune « Mauvais temps », aura bénéficié, sera-t-il rappelé, d’un concours original : Attac France, le centre de formation de l’Union syndicale Solidaires, la revue ContreTemps, Espaces Marx, la Fondation Copernic, l’Institut d’histoire sociale de la CGT, l’Institut de recherches de la FSU, Transform Europe, Vigilance et initiatives syndicales antifascistes (Visa), et la Société Louise Michel, se seront associés pour couvrir les frais de traduction. Nous étions quant à nous particulièrement disposés à cette coopération, suite à la lecture d’une interview de Dimitris Psarras réalisée début 2013 par notre sociétaire Michael Löwy, avec Eleni Varikas.

Patrick Silberstein (Syllepse) ouvrira la conférence en nous remettant en mémoire les travaux de l’historien américain Robert Paxton, l’auteur notamment de La France de Vichy et du Fascisme en action. Avant que n’interviennent, sur leurs activités, Luz Mora, de Visa, et Aurélien Boudon, du Comité pour Clément Méric.

Puis Dimitris Psarras, dont le propos nous était traduit par Panos Angelopoulos, évoquera cette enquête sans équivalent au terme de laquelle son ouvrage a vu le jour, retraçant l’ascension d’Aube dorée, un parti ouvertement nazi passé en quelques années de 3 000 à un demi-million de voix aux élections et environ 10 % des votants. Avec la complicité plus ou moins dissimulée d’une partie de la police, de l’armée et du parti Nouvelle Démocratie. Sommes-nous à la veille de la formation d’un véritable parti fasciste de masse en Grèce ? Psarras n’hésite pas à le penser.

Si vient immédiatement à l’esprit le précédent allemand des années vingt, ce spectre est aujourd’hui utilisé en Grèce pour en appeler à une grande alliance de toutes les forces politiques visant en fait, par la diabolisation de la contestation sociale, l’application des mesures d’austérité dévastatrices réclamées par la Troïka. No pasarán ou pasarán ? Cela dépend, selon l’auteur, « en Grèce, comme ailleurs en Europe, de la capacité de la gauche à surmonter les défaites du passé et à construire un projet social de défense intransigeante des droits politiques, sociaux, humains et citoyens ».

On invite à lire ce livre, dont on trouvera ici la préface à cette édition en langue française à laquelle nous nous félicitons d’avoir concouru.

230 pages. 15 €

230 pages. 15 €